jean pottier au RSA

Jean Pottier lors d'un rassemblement RSA en 1996

Jean Pottier et le RSA

En 1993, au rassemblement annuel du Réseau du Sport de l’Air (RSA) à Moulins-Montbeugny et malgré une météo capricieuse, les avions viennent de tous les coins d’Europe. Beaucoup d’avions, beaucoup de monde, mais aucune démonstration en vol : celles-ci sont interdites. On compte pas moins de 700 avions pour cette « cuvée 93 ». On découvre également un nombre croissant de stands commerciaux et des kits à gogo. C’est le plastique qui tient le haut du pavé.

A l’occasion de ce rassemblement, Jean Pottier rend public l’accord signé avec les tchèques pour son P 220 Koala. Ceux-ci doivent livrer les lots-matière permettant la construction de cet avion vers tous les pays de l’ex-pacte de Varsovie, plus la zone germanophone.

Menée par Jean, une équipe travaille à la rédaction d’un projet de réglementation des avions en kit : le CNSK. Celui-ci est remis aux responsables de l’administration de l’aviation civile présents lors de cette manifestation.

Ce rassemblement est clôturé par une assemblée générale houleuse après l’article de Claude Larquetoux et sa candidature au conseil d’administration du RSA; à l’issue du scrutin Louis Cariou et Jean Pottier sont réélus avec respectivement 139 et 127 voix contre 6 pour Claude Larquetoux. Jean Pottier devient secrétaire général du RSA. Au cours de ce rassemblement, un appareil construit à partir d’une liasse de plans de Jean Pottier est primé. Il s’agit du P 60 Minacro, de Gérard Caminade.

1994 Moulins-Montbeugny

Aucun appel au public et aucune publicité ne sont faits par le RSA. Il s’agit d’un rendez-vous donné aux constructeurs, aux représentants des services officiels, aux techniciens et aux pilotes. La canicule sur l’Europe et le soleil écrasant n’ont pas empêché les 850 avions de se poser. De nombreuses personnalités, organismes officiels et associations participent à cette édition ; on note d’ailleurs la présence de responsables de la DGAC, du GSAC, de l’Aéro-club de France, de la FNA et de la FFAC. Beaucoup d’exposants avec de vrais stands. Jean Pottier a lancé la mode en 1992 suivi par Limbach en 1993 et en 1994 ces deux avant-gardistes sont noyés parmi tous les exposants très professionnels. « Dynamisme toujours de rigueur du côté des avions Pottier .Encore que, si l’on a vu Jean Pottier se démener comme un beau diable à Moulins, c’est sous la casquette de secrétaire général. Bien en vue sur le stand des Avions Pottier, la maquette au 1/5 du projet P 300 réalisée par Charles Biré. Les séries métalliques -100 et -200 continuent de croître et de se multiplier. » écrit le journaliste d’Aviasport dans son article. Au cours de cette manifestation, Maïté Stepanski reçoit la médaille de l’Aéronautique des mains de Jean Nobel. Le diplôme George Béraud est, quant à lui, remis à Henri Fékété.

Jean pottier au RSA en 1996

Jean Pottier et Gisèle Roué lors d'un rassemblement RSA à Epinal

Épinal, un nouveau site !

En 1996, Jean Pottier est alors secrétaire général sous la présidence de Louis Cariou. Après une pression financière trop importante produite par les différents intervenants moulinois, le RSA se voit dans l’obligation de changer de plate-forme pour son rassemblement annuel. Plusieurs sites sont envisagés et, le 3 mars, le conseil d’administration du RSA vote pour Epinal-Mirecourt, dans les Vosges. Les partenaires, c’est-à-dire la zone franche, la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Epinal, les villes de Juvaincourt et de Mirecourt répondent présentes en apportant la logistique indispensable.

Le RSA affiche clairement sa volonté de s’ouvrir à l’Europe. La restauration sera luxueuse et la campagne du programme « Bleu-citron » est lancée en diffusant les plans du P 130 Coccinelle dans les Cahiers. Au cours de l’assemblée générale, point d’orgue de ce rassemblement, Jean Pottier est élu président du Réseau du Sport de l’Air.

50ème rassemblement du RSA

En cette année 1997, pour fêter ces « noces d’or » le rassemblement se doit d’être superbe. Hélas la météo n’est pas au rendez-vous. Jeudi : temps instable, la soirée ressemble à une veillée d’armes. Il fait froid et le temps est maussade. Vendredi matin : plafond bas, humidité importante. Les avions atterrissent par petites vagues dès qu’il y a une éclaircie. A 11 h 15 arrivée des deux éclaireurs de la Patrouille de France (PAF) et 15 minutes plus tard du reste de la formation tricolore. Les conditions météorologiques sont toujours exécrables et la course à handicap prévue l’après-midi est annulée. Les appareils bloqués se retrouvent sur des terrains voisins comme Bourg-en-Bresse, Brienne ou Troyes. A 17 heures, la PAF commence son entraînement. Le plafond est bas et morcelé et les Alphajet disparaissent fréquemment derrière les nuages. A 17 h 20, le leader donne l’ordre d’interrompre l’entraînement. Le moral est au plus bas. Le front passe dans la nuit et la météo du samedi évolue vers un ciel de traîne instable. Le début d’après-midi est rythmé par le flux et le reflux des visiteurs venant se mettre à l’abri.

L’imagerie d’Epinal dévoile l’affiche dessinée par Antonio Garcia pour le cinquantenaire du rassemblement du RSA.

A 15 h 45 débute la présentation en vol des appareils de construction amateur, clôturée par la présentation en vol de la patrouille acrobatique Cartouche Doré de l’armée de l’Air, sur Epsilon. Puis la PAF prend l’air et fait son maximum pour ravir le public. Au sol, les pilotes sont très sollicités et répondent avec beaucoup de gentillesse à toutes les questions. Ils font vraiment tout ce qu’ils peuvent pour faire oublier la météo. Le dimanche, on note l’arrivée du Tour de France aérien des jeunes pilotes. Présentation de warbirds, de la patrouille de l’armée de l’Air Cartouche Doré et de la patrouille acrobatique civile ADECCO.

L’édition 1997 reste un gouffre financier mais un rassemblement fort en émotions et en convivialité avec 603 avions présents. Sans nul doute, il faudra que le rassemblement 1998 soit plus intime.

Epinal cuvée 1998

Ce rassemblement d’Epinal est marqué par la signature des arrêtés du CNSK, du CNRAC et des ULM par les autorités de l’aviation civile. Grâce à une météo exceptionnelle, les avions viennent en nombre mais le cap des 1 000 appareils n’est pas atteint. A la suite du rassemblement 1997 financièrement très dur, pas de démonstrations en vol de patrouilles acrobatiques et les vols locaux sont freinés ce qui génère une ambiance un peu triste. Coté mondanités on note la remise du diplôme George Béraud à Gérard Feldzer, mais surtout la remise de la médaille de l’Aéronautique à Jean Pottier, par Jean Nobel, « Monsieur Aviation Légère » à la DGAC. Dans la continuité du programme « Bleu-Citron », un appel est lancé aux concepteurs pour que d’autres plans soient publiés gratuitement dans les Cahiers du RSA. Septembre 1998, Les « Champs d’aviation » sur les Champs-Elysées commémorent le centenaire de l’Aéro-club de France. Tous les avions RSA susceptibles d’être exposés sont rassemblés sur le terrain des Mureaux puis, à l’aide d’une grue, sont déposés sur deux barges qui remontent la Seine jusqu’au pont de l’Alma. Le débarquement se fait à deux heures du matin et ils sont poussés à la main jusqu’au stand RSA où ils séjournent pendant 15 jours.

1999, Epinal An III

Un soleil incroyable a brillé durant les trois jours de cette manifestation. Hélas une prévision météo alarmiste annonçant des orages pour le dimanche soir dans le sud a vidé prématurément les parkings. Le beau soleil s’est ainsi levé le dimanche matin sur un aérodrome presque désert. C’est tout de même 867 avions, compte non tenu des ULM, qui se sont posés à Épinal dont 289 appareils immatriculés à l’étranger et principalement en Europe. Pas de grandes nouveautés, mais des quantités de nouvelles constructions arrivées à terme.

Le samedi, le magazine Volez ! organise une petite compétition de rendement qui prend en compte la masse transportée, la vitesse de vol et la consommation sur un parcours imposé. Côté logistique, et après une restauration de luxe non amortie en 1998, celle de 1999 a été confiée à un seul restaurateur qui ne sait, hélas, pas faire face au défi. Pour le logement de tous les bénévoles, la ville de Mirecourt met à la disposition du RSA le lycée agricole.

Cette année 1999 est marquée par la fin du mandat de Jean Pottier et par sa réélection à la présidence de l’association. Enfin, signalons, au cours de cette édition, la création d’une fédération commune avec la fédération des avions de collection.

Jean pottier au RSA en 1996

Pottier P60 lors d'un rassemblement RSA

Epinal 2000

Pour ce rassemblement, Jean écrit dans les Cahiers : « Il va de soi que la petite équipe qui assure la préparation du rassemblement, ainsi que l’ensemble des bénévoles qui ont œuvré à son bon déroulement, peuvent être légitimement fiers du résultat obtenu et méritent ici nos très sincères félicitations et remerciements pour leur dévouement indéfectible.

Mettre en place une manifestation aérienne de grande importance relève de la quadrature du cercle. Il faut satisfaire aux exigences de l’aviation civile qui, pour la circonstance, s’appuie sur la réglementation « meeting », réglementation complètement inadaptée pour un rassemblement. Un projet de texte spécifique a été élaboré mais, pour des raisons occultes, il ne voit pas le jour. Cela permettrait pourtant de considérablement faciliter le travail des uns et des autres et surtout de disposer d’un cadre réglementaire reconnu.

Il faut aussi satisfaire aux exigences des divers services de l’autorité territoriale, parfois divergentes. Et nous devons, naturellement, répondre aux attentes des visiteurs, aéronautiques ou locaux, tout en respectant les divers aspects de la réglementation.

Ces multiples nécessités provoquent un coût qui, chaque année, est plus important. Sans l’aide locale et régionale, la réalisation du rassemblement ne serait plus possible. Il va de soi que les élus qui votent les subventions de soutien et qui nous permettent d’équilibrer le budget attendent un retour de notre part. Trop souvent, dans le passé, il a été reproché au RSA de faire une manifestation uniquement pour nous et entre nous. Depuis que nous sommes dans les Vosges, nous avons essayé de faire en sorte que la population locale y soit associée. C’est pour répondre à cet impératif que nous inscrivons au programme du rassemblement une soirée internationale - qui permet à la région de faire sa promotion auprès des visiteurs étrangers - une animation le samedi soir pour les vosgiens (mais aussi pour nos propres visiteurs) avec un feu d’artifice et une animation le dimanche, avec le meeting. Ces diverses activités nous permettent de rentabiliser les installations et de demander une aide qui nous équilibre le budget. »

Selon le magazine Aviation & Pilote : « Le rassemblement de plus de 1 200 appareils de construction amateur et de collection, français et européens démontre une nouvelle fois aux pouvoirs publics que ce loisir est arrivé à maturité et qu’il est enfin temps de le laisser se développer sans l’assommer de contraintes puériles ».

Par une météo excellente, la nouveauté de ce rassemblement est sans conteste l’invasion quasi incontournable des ultra-légers motorisés et la participation des stagiaires des «Ailes de la ville» au sein de l’équipe des bénévoles.

Chambley 2001

Le 26 avril 2001 est publié le communiqué de presse annonçant l’abandon du projet de rassemblement sur l’aérodrome d’épinal-Mirecourt suite à un non respect du contrat entre la communauté de communes et le RSA. La nouvelle attitude de la communauté de communes a pour conséquence d’entraîner pour le RSA une perte financière qui met en péril la pérennité de celui-ci. Le cœur lourd, le RSA doit donc quitter Epinal.

Jean Pottier prends alors son bâton de pèlerin et se rend à Chambley le week-end du 1er mai. Il est très bien accueilli par Philippe Buron-Pilâtre et le changement d’implantation est donc décidé ce jour là, c’est-à-dire trois mois avant la date fatidique. L’équipe locale menée par Raymond Vasseur se met aussitôt à la tâche car trois mois c’est court pour les inévitables démarches auprès des divers organismes ainsi que pour toutes les tâches liées à la logistique. L’autorisation de manifestation est délivrée par le préfet le jeudi précédant le rassemblement, à 17 heures. Bonjour la montée d’adrénaline. Le challenge est réussi et bien réussi !

Au programme, il y a un salon et un rassemblement, un feu d’artifice et une soirée internationale, le challenge Volez ! ainsi qu’une course de racers. Le vendredi, la météo est catastrophique. Les barrières sont installées sous la pluie qui, par miracle, s’arrête à 17 h pour céder la place à un temps superbe le restant du week-end. Le samedi après-midi quatre racers monoplaces volent en rase-mottes et tournent autour de poteaux et 1 000 avions se posent. Cette première de « Légend’Air » à Chambley est une superbe réussite ! Le choix du site de Chambley n’était pas dû au hasard ; il s’inscrit dans un projet ambitieux que Jean Pottier tente de réaliser tout au long des trois années passées à Chambley.

Déjà avec Epinal-Mirecourt, non loin de Chambley, le rassemblement du RSA a pris une tournure européenne en raison de sa position géographique au centre de l’Europe ; la proportion d’avions étrangers ne cesse d’augmenter ; cependant à Epinal nous aurions manqué un jour de place ; la plate-forme, ouverte aux avions de ligne, ne nous était pas réservée ; son activité risquait d’être perturbée lors des impressionnantes arrivées d’avions aux heures de pointe, à la queue leu leu dans la finale et en silence radio. Jamais Epinal-Mirecourt n’aurait pu devenir l’Oshkosh européen et cela Jean l’a tout de suite compris à la vue du site de Chambley, ancienne base de l’OTAN avec tout ce que cela comporte comme espace, équipements et potentialités. Sous sa nouvelle appellation de « Légend’Air », le rassemblement du RSA va devenir le grand rassemblement de tous les constructeurs amateurs européens ; mieux le rendez-vous des passionnés de tous les sports de l’air...

Pour ce faire, Jean a trouvé un allié de choix en la personne de Philippe Buron-Pilâtre, le grand gourou de la Biennale Mondiale de l’Aérostation, installée depuis une dizaine d’années à Chambley ; Philippe nourrit les mêmes ambitions que Jean quant à la vocation de Chambley ; numéro deux mondial pour les rassemblements de ballons, lui aussi espère transformer l’essai en présentant en un même lieu, dans un même temps, tous les sports de l’air. Jean n’a peut-être jamais autant couru !

Il lui faut s’assurer du soutien des hommes politiques de la région, du Conseil Régional, des Conseils Généraux, de l’Aviation Civile, etc. Tout en calmant sa base, ceux du sud de la France, qui voient d’un mauvais oeil les distances se rallonger pour accéder au meeting, Jean a entrepris de convaincre les responsables des différentes fédérations de le rejoindre à Chambley.

L’Europe des sports de l’air ne peut se faire sans un axe fort, Nord/Sud, avec les Allemands ; Jean entreprend de les gagner à sa cause pour les amener à rejoindre Chambley ; après de longues palabres, l’Allemagne envoie une délégation à Chambley, l’affaire se présente bien. Et comme si cela ne suffit pas, Jean entreprend de se poser définitivement à Chambley en projetant l’installation d’ateliers de construction ; l’emplacement est défini, les relevés exécutés, le plan d’ensemble réalisé.

Chambley 2002

Le 55ème rassemblement national s’annonce plutôt serein. La logistique est rodée, une solide équipe locale est en place et la position géographique de Chambley, excentrée pour la France mais plus centrale pour l’Europe, autorise la visite de nombreux avions étrangers.

Au salon, au rassemblement et au challenge Volez ! habituels sont prévus un décollage de montgolfières, une course de racers et une présentation aérienne. La presse locale s’en fait largement l’écho et beaucoup de publicité sur les routes menant à l’aérodrome, il y a de nombreux embouteillages pour, au final, aucune course de racers, ni de présentation aérienne, le sous-préfet ayant refusé de donner l’autorisation. Pour la course de racers, il est demandé aux responsables du RSA d’installer des barrières au milieu des champs autour du circuit aérien emprunté par les racers. Ironie du sort, ce sous-préfet est muté, juste après le rassemblement, dans une ville où se tient chaque année... une course de racers renommée ! Le seul spectacle aérien de ce rassemblement 2002 est composé des arrivées et des départs des avions visiteurs. Cependant 1 000 avions sont au rendez-vous...

Chambley 2003

Le magazine Volez ! rapporte : « Malgré une météo exceptionnelle, le rassemblement 2003 ne laissera pas un souvenir impérissable avec 900 avions visiteurs majoritairement étrangers. Le meeting, « intelligemment » programmé par la FNA le même week-end, à Melun-Villaroche, n’est certainement pas étranger à ce résultat !

On note cependant que les relations entre le RSA et les autorités locales sont bien meilleures que par le passé, qu’une charte de rapprochement entre le RSA et l’OUV - son homologue allemand - est signée, que l’on a pris acte de l’amélioration du dialogue avec la DGAC et de l’évolution positive des dossiers des avions anciens et de la réglementation CDN-R. Parallèlement, la région Lorraine a acquis pour 640 000 euros l’emprise foncière de l’ancienne base aérienne de Chambley afin de mettre en place un projet aéronautique et touristique ».

Parmi les faits marquants signalons la visite de deux délégations belge et espagnole venues en reconnaissance. Par ailleurs, quatre constructeurs amateurs algériens ont demandé le soutien du RSA pour une implantation de la construction amateur en Algérie. Le rassemblement de Chambley est en passe de devenir le mini-Oshkosh du vieux continent.

Le 5 000è dossier CNRA a été enregistré par le GSAC aujourd’hui OSAC. 1 000 machines de construction amateur sont en vol sur 11 000 appareils immatriculés y compris les avions de ligne.