jean pottier aux Mureaux en 1987

Jean Pottier aux Mureaux en 1987

Jean Pottier et l’ACAAM

Le 15 décembre 1977 la petite famille Pottier quitte Paris et son deux pièces pour Les Mureaux et un 9 pièces ! Le deuxième enfant est attendu. Avoir de l’espace, c’est bien agréable mais être à 5 mn de LFXU [1] c’est vital !!! De 1977 à 1981, le rythme de vie de ce « géo-trouve-tout » sera la semaine à Moulins, à la CARMAM, et le week-end à l’ACAAM sur l’aérodrome des Mureaux.

Ils sont toute une bande de copains fana d’aviation et constructeurs d’avion qui « squattent » à droite et à gauche. Quelques-uns à l’aéro-club Roger Janin où seront construits, par Alain Lornage et Jean-Pierre Chagnon, tous les éléments du P 80 assemblé lors du salon du Bourget de 1977, d’autres sont dans les hangars à hydravions de la Marine et le hangar du CEV en zone militaire. M. Poulet construit un CP 751, Julien Radieux un P 80, José Verges un P 70, Jean-Pierre David un Razmut et M. Chalard un P 100. En 1980, cinq avions seront disponibles pour faire des voyages. De 1980 à 1983 ce sera l’époque des ballades en groupe.

Atelier ACAAM aux Mureaux

Atelier ACAAM aux Mureaux

Parallèlement à la construction de leurs avions, ils décident alors de créer une association : l’ACAAM, l’Association des constructeurs d’aéronefs des Mureaux. Les statuts sont déposés en juillet 1979 et le président est Jean-Pierre Chagnon mais l’ACAAM est SDF !

Alors certains choisissent de construire leur propre hangar comme Julien Radieux en 1980, et les autres, tous ces fous d’aviation, se lancent dans la construction de 3 hangars en maniant pelle, pioche, parpaings, ciment, béton…Bref, ils construisent tout sauf la charpente et la toiture.

Les points d’ancrage des poteaux sont également réalisés par eux et ils sont très fiers quand tout tombe impeccable lors de l’arrivée de l’industriel pour le montage des poteaux.

Le principe est simple : les futurs affectataires d’emplacement dans un hangar se transforment en ouvriers pour construire ce hangar et paient les factures de ce hangar. Jean Pottier est le chef de chantier des deux premiers hangars.

Le hangar H14 de 989 m2 de superficie est construit en 1983. Pour l’anecdote, ce sont 62 tonnes de sable, 78 tonnes de graviers, 112 sacs de ciments qu’il faut travailler ; un extraordinaire exercice de musculation !

En janvier 1984, débute la construction du hangar H16 de 1 253 m2. Ils sont 8 à y travailler. Le chantier s’étale de janvier 1984 pour se terminer le 10 novembre 1986 avec la réalisation de la dalle ; ces bâtisseurs y ont consacré tous leurs week-ends, à l’exception des congés, et ce pendant 3 ans. De plus, il faut jongler entre les réunions de famille, les communions, les visites à la belle-mère et on en passe ! à l’époque, ce hangar a coûté 419 000 francs.

Ils terminent par un troisième hangar, le H15 de 528 m2 qui abrite le club-house. Au total l’ACAAM dispose de 2 770 m2 de surface comportant 28 places de stationnement et 9 appentis.

Afin de se faire connaître, les membres de l’ACAAM organisent deux journées portes ouvertes : le 1er juillet 1984 et le 16 juin 1985. Pour la première journée, une annonce est faite le vendredi soir par le journal régional de FR3 alors que cela n’est pas prévu.

Le résultat ne se fait pas attendre, le dimanche il y a plus de 20 000 personnes ! Toute la traversée de la commune des Mureaux est bloquée, la circulation remonte jusque vers l’autoroute. Certaines personnes vont jusqu’à traverser les voies de chemin de fer en enjambant les barrières ! Il n’est plus question de voler car il y a plus de 500 personnes autour de chaque avion.

Les organisateurs sont dépassés par cette affluence et on ne vous décrit pas les états d’âmes du colonel commandant la base. Fort heureusement, tout finit par s’arranger, sans aucun dégât, mais avec de bonnes résolutions pour l’année suivante !

Atelier ACAAM aux Mureaux

Atelier ACAAM aux Mureaux

Jean Pottier surpris à la fraiseuse

Jean Pottier surpris à la fraiseuse

Un avion, c’est fait pour voler.

Aussi plusieurs fois par an, les membres de l’ACAAM organisent des voyages pour se rendre à un rassemblement ou sur une manifestation aéronautique, pour passer des week-ends vers Belle-Ile, pour effectuer des vols en patrouille, etc...

Les années s’écoulent. Beaucoup sont partis à la retraite, en province. D’autres les ont quittés définitivement. L’ALAT a délaissé la plate-forme et la gestion du terrain est désormais assurée par un SIVU des deux municipalités propriétaires de l’aérodrome. Mais la relève est là puisque les trois hangars sont occupés par des avions de construction amateur et il n’y a aucune place disponible. Huit avions sont en construction ou rénovation et une équipe d’une dizaine de quadragénaires constitue aujourd’hui le noyau dur de l’ACAAM.

La relève est maintenant assurée. Les anciens dont Jean Pottier, ne se sont pas investis en vain !